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Un subtil équilibre...

CombinéLe Combiné nordique mèle 2 disciplines antagonistes : le saut à skis et le ski de fond.

2 sports aux antipodes l'un de l'autre : l'un demande légèreté, explosivité, finesse, souplesse, style, concentration et gros coeur (!); l'autre requiert résistance, endurance, puissance, force, mental, volonté...

Une épreuve de Combiné nordique est donc une succession d’efforts opposés : explosifs et endurants, sensations aériennes et terriennes… Les concurrents savent ce que signifie être léger, savoir voler… mais aussi savoir souffrir, sentir le cœur qui tape et les muscles qui brûlent…

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Un peu d'histoire...

Archives CIO     La pratique du ski "nordique", vieille de 5000 ans, plonge ses racines dans l'histoire de la Norvège.
     À partir de ce pays, l'utilisation des skis s'est répandue dans toute la Scandinavie et la Russie : de fait, les skis étaient le moyen de transport idéal pour braver les rigueurs de l'hiver.
     En 1500, les soldats suédois étaient déjà tous équipés de skis et, pour sa part, l'armée norvégienne a organisé des compétitions de ski "nordique" dès 1767.
     La première épreuve sportive civile s'est déroulée en 1843 à Tromsø, dans le nord de la Norvège. Sondre Norheim est considéré comme le père du ski moderne en Norvège : le télémark, style si caractéristique, porte le nom de sa localité d’origine - Telemark. Sondre Norheim et quelques amis originaires de Telemark effectuèrent d'ailleurs un raid à skis entre Morgedal et Christiania (ancien nom d'Oslo), où fut établie la première école de ski.
Archives CIO     La popularité du ski est allée croissant, gagnant l'Amérique du Nord, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le reste de l'Europe à la fin du 19e siècle. On assista alors à une éclosion de festivals de sports d'hiver : tout commença avec le premier festival de Holmenkollen en 1892. Aujourd'hui encore, ce festival est considéré comme la première manifestation de ski nordique au monde.
     Le combiné nordique est resté le point d’orgue du festival jusqu'en 1933, année où l'on organisa pour la première fois une épreuve distincte de saut à ski. De surcroît, le festival de Holmenkollen a pris une envergure internationale dès le début du 20e siècle, avec la participation d'athlètes suédois et d'autres pays voisins. Sauteur à ski émérite, le Roi Olav V lui-même a concouru à Holmenkollen en 1922.

> Une discipline olympique par nature
Archives CIO     Des épreuves individuelles de combiné nordique figurent au programme olympique depuis les premiers Jeux d'hiver en 1924 à Chamonix.
     Les Norvégiens ont dominé le combiné nordique depuis la première édition des Jeux d'hiver jusqu'au début de la Deuxième Guerre mondiale. D'ailleurs, c’est seulement à la suite de la victoire de Georg Thoma (ex-RFA) aux Jeux Olympiques de Squaw Valley en 1960 que la mainmise norvégienne sur le combiné nordique fut interrompue.
     La modernisation du programme olympique a entraîné les adjonctions suivantes : épreuve par équipes - trois athlètes à Calgary en 1988, puis quatre athlètes à Nagano en 1998; et sprint à Salt Lake City en 2002, avec saut à ski (un seul saut) depuis le grand tremplin puis course de ski de fond sur 7,5 km.

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Les formats de compétition aux Jeux olympiques de Vancouver

VancouverLes compétitions olympiques comprennent trois épreuves de Combiné Nordique avec remise de médaille :

• Individuel Gundersen Hommes tremplin normal, consistant en un saut d'essai et un saut noté sur le tremplin normal (NH) et 10 km en technique libre (départ Gundersen)
• Individuel Gundersen Hommes grand tremplin, consistant en un saut d'essai et un saut noté sur le grand tremplin (LH) et 10 km en technique libre (départ Gundersen)
• Epreuve par équipes, consistant en un saut pour chacun des quatre concurrents d'une équipe sur le grand tremplin (LH) et un relais 4x5km en technique libre (départ Gundersen).

Dans toutes les épreuves, la compétition de Saut à Ski a lieu avant la course de Ski de Fond. Les écarts de points des résultats de la compétition de saut sont convertis, selon la méthode Gundersen, en écarts de temps qui déterminent l'ordre de départ de la course de Ski de Fond. La course se déroule sur un circuit de 2,5 km à parcourir quatre fois dans le cas des épreuves individuelles.

Pour les épreuves individuelles, l'ordre de départ du premier saut noté est l'inverse du classement mondial. Le premier du classement mondial part donc en dernier. Les concurrents n'étant pas inclus dans le classement mondial (score égal à zéro) seront divisés en groupes et partent avant les autres concurrents dans l'ordre du tirage au sort.
L'ordre de départ officiel du second tour est l'inverse du classement des notes du premier tour.

Schonach_2010_TEAMLa compétition par équipe est divisée en quatre groupes pour le tour d'essai et quatre groupes pour le tour de compétition. Un sauteur de chaque équipe est inscrit par groupe.
Chaque équipe peut décider de l'ordre dans lequel ses sauteurs partent. Les concurrents doivent rester dans le même groupe dans le tour d'essai et dans le tour de compétition. L'ordre de départ est l'inverse du résultat des Jeux Olympiques d'Hiver précédents ou des Championnats du monde FIS.
Les résultats de la compétition de Saut à Ski par équipe sont utilisés pour déterminer l'ordre de départ de la course de Ski de Fond. Cette dernière est conduite sur un format de relais avec chaque skieur parcourant 5 km (2 x 2,5km). La première équipe à traverser d'arrivée remporte l'épreuve.
La note cumulée des quatre membres de l'équipe sert à déterminer l'ordre de départ du relais 4 x 5 km. L'équipe possédant la meilleure note cumulée de Saut à Ski part en premier. Les autres équipes partent à des intervalles déterminés par la conversion de leurs points en écarts de temps grâce au tableau Gundersen :
•10 km : 1 min. = 15 points, 1 point = 4 secondes
•4 x 5 km : 1 min. = 60 points, 1 point = 1 seconde

Afin de pouvoir respecter les contraintes de temps liées à la compétition de Ski de Fond, le jury peut décider d'autoriser les concurrents dont les notes de saut sont très inférieures à se réunir et partir en avance dans la compétition de Ski de Fond. Dans ce cas, les écarts de temps calculés sur les résultats de Saut à Ski sont ajoutés au temps total de leur course de Ski de Fond à la fin de la compétition. Cette méthode est appelée départ par vagues.

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Fabrice Guy, le modèle

Archives CIO     Il aura incontestablement marqué de son empreinte l'histoire olympique de la France. Ou plutôt les Jeux d'Albertville. Déjà. Champion olympique individuel, Fabrice Guy rêvait d'un grand titre par équipe avec la France, pour rendre hommage à "des entraîneurs à qui nous devons tout". Il y parviendra presque à Nagano en décrochant une troisième place synonyme de médaille de bronze.

> Premier saut à sept ans
     Malgré tout, son parcours personnel l'avait mené à l'acmé de son sport, six ans auparavant, aux Jeux d'Albertville. A quelques centaines de kilomètres de son village du Jura, Mouthe, censé être le plus froid de France. C'est là qu'il s'initie tout d'abord au ski de fond avant de se lancer quelques années plus tard vers le combiné nordique. A Mouthe, le ski de fond figure au programme du collège, au même titre que le français, les mathématiques ou encore l'histoire-géographie. Il faut que le paysage s'y prête : de vastes étendues de prairies et d'épais sapins qui courent jusqu'en Suisse.
     Tout de suite, Fabrice sait qu'il est prédisposé à la pratique de ce sport. Il a "ça" dans le sang. Dans les gènes également. Sa mère travaille comme monitrice de fond, son père a été champion de France du 50 km. Même son grand-père a touché ce sport sans le pratiquer. Sur le tremplin de Saint-Nizier, c'est lui qui donne le départ de l'épreuve des Jeux de Grenoble en 1968.
     Dès l'âge de trois ans, Fabrice s'essaie au ski de fond en faisant le tour du chalet familial. Mais l'enfant a besoin d'espace. C'est à sept ans, l'âge dit de raison, qu'il fait le grand saut sur le tremplin de Prémanon. Sous son visage d'ange se cache un champion en devenir, doté d'une incroyable force de caractère.

> Albertville, son apogée
     Le Franc-comtois découvre les joies du combiné nordique à la fin des années 1980, en compagnie de jeunes pouces comme Sylvain Guillaume, son "presque voisin" de Foncine. Il faut dire qu'à l'époque, ce sport n'attire pas les foules. Le déclic naît d'une rencontre avec deux entraîneurs, Jacques Gaillard et Eric Lazzaroni. Guy ira jusqu'à s'entraîner quatre fois par jour. Des entraînements âpres qui se terminent souvent par des crises de larmes pour le Français. Et Lorsque Fabrice Guy affirme se préparer pour les Jeux d'Albertville, personne ne le prend au sérieux.
     Tout évolue dans la pensée collective lorsqu'aux championnats du monde où, avec ses coéquipiers, il prend la deuxième place en février 1991 à Val di Fiemme.
     L'effet boule de neige est en marche. Au lancement des Jeux olympiques d'Albertville, "la guêpe" n'a pas peur d'affirmer qu'il fait partie des favoris. Ses quatre victoires en Coupe du monde avant les Jeux parlent pour lui. Son "pote", comme il aime le répéter, Sylvain Guillaume se pare d'argent. Dans la foulée des Jeux, Fabrice Guy décroche le globe de cristal de la Coupe du monde. Le Français reste de longues années au plus haut niveau et trouve un certain bonheur à se consacrer à ses coéquipiers, Nicolas Bal, Ludovic Roux et donc Sylvain Guillaume.
     En 1997, il se classe troisième en individuel aux Mondiaux. Mais Fabrice Guy n'est pas comblé : il veut décrocher l'or olympique avec l'équipe de France à Nagano. Une médaille qui serait "la meilleure récompense pour des entraîneurs à qui nous devons tout". En vain. Les Bleus "échoueront" à la troisième place. Une sortie en beauté toutefois.
     A la retraite, il ne participe pas aux Jeux de Salt Lake City mais s'y rend pour le journal l'Humanité pour lequel il écrit quelques articles. Il est aujourd'hui un technicien respecté au sein de l'Equipe de France.

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Ulrich Wehling, la légende du Combiné

Archives CIO     De toute l’histoire du combiné nordique, Ulrich Wehling est sans aucun doute la figure la plus importante et la plus emblématique. Dès ses premières compétitions de saut à ski, Wehling né en 1952 dans ce qui était alors l’Allemagne de l’est, a très vite obtenu d’excellents résultats. Alors qu’il n’était encore adolescent, il s’essaya au combiné nordique, où le ski de fond lui posait quelques problèmes, car il n’avait pas de disposition naturelle pour cette discipline.

     Avec une volonté de fer et à force d’entraînements très durs, il a cependant réussi en peu de temps à attirer l’attention des responsables de l’équipe nationale, qui le menèrent à Sapporo en 1972, où il devait faire figure d’outsider venu en quête d’expérience. Au lieu de cela, et à la surprise générale, ce jeune homme de seulement 19 ans est devenu le plus jeune champion olympique de toute l’histoire du combiné nordique. Il montra à nouveau sa domination lors des deux éditions suivantes :Innsbruck 76 et Lake Placid 80.

     La carrière de Wehling comprend, en plus des ces trois succès olympiques, quatre titres mondiaux. À la fin de sa carrière sportive, il resta lié à son sport et travailla intensément en tant que dirigeant de la fédération de son pays, charge qui s’est également renforcée lorsque la RDA fit partie de l’Allemagne unifiée. Wehling vit actuellement en Suisse avec sa famille et n'est autre que le "patron" du Combiné nordique au sein de a FIS.

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Chaux-Neuve, la Mecque française du Combiné

Logo Chaux-Neuve     Depuis 1996 et la 1ère Coupe du monde de Combiné Nordique organisée dans le Haut-Doubs, le petit village de Chaux-Neuve voit régulièrement son nom inscrit au calendrier mondial de la FIS, aux côtés de stations ou villes renommées, comme Steamboat Springs, Park City et Lake Placid (USA), Val di Fiemme (Italie), Oberstdorf et Klingenthal (Allemagne) ou encore Garmish-Partenkirchen (Allemagne).

Photo ASNI / Philippe Vuez     Les compétiteurs retrouvent à chaque fois l’une des étapes les plus conviviales du circuit, où sons de cloches et encouragements fusent de toutes parts, résultats d’un engouement populaire rarement rencontré ailleurs que dans les pays scandinaves ou germaniques.

     Les trois clubs du Doubs et du Jura réunis dans l’Association du Site Nordique International de Chaux-Neuve (ASNI : Risoux-Club Chaux-Neuve, AS Mouthe et SC Mont-Noir) mettent leurs talents et compétences au service de la fête du ski. Une coopération interclubs qui mobilise le jour de l’épreuve pas moins de 250 bénévoles rompus aux compétitions de ski et venus de huit communes environnantes, soit 50 personnes de plus que… le nombre d’habitants du petit village de Chaux-Neuve !

Photo ASNI / Philippe Vuez     Patiemment acquise, l’expérience emmagasinée est riche, et l’ambitieuse équipe en place, présidée par Bernard Barrand, se trouve aujourd’hui enthousiasmée par les excellentes perspectives d’agrandissement du tremplin et des infrastructures d’accueil données par les institutions départementales et régionales… Candidature a donc déjà été portée devant la FIS par Chaux-Neuve pour une nouvelle Coupe du monde B en 2008 et surtout pour une 6ème Coupe du monde A en 2009, année des prochains Championnats du Monde…

> Quelques repères historiques...
Photo ASNI / Philippe Vuez     Le tremplin de 90 m de Chaux-Neuve fut construit en 1989 en vue des Championnats du monde juniors de ski nordique, complété par un tremplin de 57 m. En 1995, un autre de 28 m destiné à la détection et à l'entraînement des jeunes sauteurs vu le jour, ainsi que la construction de la rotonde puis une usine à neige artificielle.
     Toutes les conditions étaient réunies pour organiser une coupe de Monde de Combiné nordique dans l'euphorie des médaillés d'Albertville et l'ASNI réussissait en février 1996 le pari d'une première Coupe du monde de l'histoire dans le massif jurassien. Depuis 8 Coupes du Monde (5 « A » et 2 « B ») et 2 Coupes des Alpes ont vu le jour.
     Cette activité riche a été reconnue par la Fédération Française de Ski intégrant cette structure au Pôle France et la désignant comme tremplin référent français du combiné nordique. Une nouvelle homologation du tremplin en novembre 2005 par la FIS a classé ce dernier HS 100 m.
     L'évolution du combiné nordique mondial vers les grands tremplins, a poussé la FFS et l'ASNI Chaux-Neuve à solliciter les propriétaires du tremplin et les différents financeurs publics pour un projet d'agrandissement du tremplin (HS 115m). Le projet est aujourd’hui à l'étude, et espérons que pour notre sport et notre région celui-ci aboutisse pour que définitivement Chaux-Neuve puise évoluer dans la cour des grands.

Photo ASNI / Philippe Vuez> Un tremplin « été comme hiver» 
     Une coopération public/privé a permis de développer l'activité du tremplin toute l'année :
     - Un tremplin « site touristique » : depuis trois étés, une animation touristique s'est développée, avec visite guidée des installations, musée avec découverte du monde du saut à ski où les amateurs peuvent découvrir l'histoire du saut dans le Haut-Doubs, l'évolution du matériel à travers les générations; et une salle vidéo retraçant les grands moments du stade de saut de Chaux-Neuve. 1 500 personnes ont découvert nos installations en 2006.
     - Un tremplin fait pour les initiations de saut à skis : pendant les animations d'été et tout au long de l'année, des séances d'initiation sont proposées aux élèves des écoles primaires et des collèges du secteur. Ainsi, pas moins de 1 100 jeunes qui ont pu découvrir le saut à ski.
     - Enfin, le tremplin est un stade d'entraînement pour tous nos compétiteurs de saut et combiné nordique, des petites catégories aux équipes des comités régionaux et aux différentes équipes nationales, voire étrangères puisque les équipes nationales suisses viennent régulièrement s'entraîner à Chaux-Neuve.

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Coupe du monde Chaux-Neuve

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